PORTRAIT
DE TURCOPHILE
Denise LAUSEIG
Je
m'appelle Denise Lauseig, petit bout de femme d'1m50. Je suis née le 27
avril 1959, à Tananarive (Madagascar).
Mon père à choisi de quitter ce pays en 1960 pour vivre dans l'archipel des
Comores devenu aujourd'hui République Islamique. Ma mère m'a abandonné
quasiment à ma naissance, j'ai donc eu une "nénène" (nourrice)
musulmane qui a pris mon éducation en charge.
J'ai vécu heureuse dans une île paradisiaque jusqu'au jour ou un mercenaire du
nom de Bob Denard fit son entrée dans le milieu politique de ce petit
paradis.
Me voilà parachutée au moment de l'indépendance en 1975 en France dans une institution quasi militaire dans les Yvelines (Maison d'Éducation de la Légion d'Honneur) créée par Napoléon où je devais apprendre les bonnes manières. Adieu l'insouciance et le soleil !
Je me suis
mariée à 17 ans 1/2 et j'ai 3 beaux enfants. Sandrine 26 ans, Patricia 24 ans
et Cédric 20 ans.
La vie m'a séparée de leur père avec qui j'ai gardé de très bonnes
relations.
J'ai un amour inconditionnelle pour les chats, Je me dis que j'ai du être "féline" dans une vie antérieure. Le chat est indépendant, reposant, câlin, je puise mon énergie dans sa sagesse.
Je vis seule à Vannes (avec mon chat !) où j'occupe un poste de secrétaire dans une bibliothèque. Je suis très sensible à la détresse humaine ce qui a motivé mon engagement dans une action humanitaire. J'ai créé une association: "Fanilo-Vannes de l'Enfance Malgache" pour venir en aide aux enfants défavorisés de mon pays natal. Cliquez-ici pour lire l'article de presse : "Un espoir pour les écoliers malgaches"
En outre, je suis une femme qui aime la moto cool-cool genre custom, (et que je cherche mon prince motard pour des virées à 2 dans la vie et sur les routes...). J'aime le soleil et la plage, j'aime lire (ça c'est la conséquence de mon travail!!!); je suis très conviviale, et j'aime la vie malgré toutes les galères qu'elle mets sur ma route.
Mon voyage en Turquie a été un véritable "électrochoc". J'ai fais un voyage dans le temps, je me suis retrouvée sur mon île, avec une multitude de souvenirs, tant par le climat, les odeurs, la vie en générale, que je ne peux pas me dire "ça y est tu es revenue, passes à autre chose". Il y a eu un déclic sur le plan physique et mental. Des sentiments qui me poussent à me documenter sur votre beau pays. Je suis dans l'ambivalence entre Madagascar et la Turquie. J'y retournerai c'est une évidence !
Je ne peux
pas faire de comparaison avec Madagascar car je n'y ai pas vécu, j'y vais en
juillet 2004 dans le cadre de mon association.
Je peux néanmoins dire que c'est un pays magnifique où le regard y est
asiatique et le sourire africain (métissage de la population 18 ethnies).
Madagascar semble irréelle avec sa faune et sa flore endémiques. Elle recèle
de nombreuses richesses naturelles, mais au delà de la vision paradisiaque les
conditions de vie sont très dures. Le taux de mortalité est très élevé dû
au manque d'eau, donc d'hygiène et les premières victimes sont les enfants.
Mon âme d'humaniste ne peut que constater. Avec mes moyens (si petits soient-ils) Je veux redonner le sourire à des enfants. La population est souriante,
chaleureuse, accueillante comme si d'être en vie est Cadeau du Ciel. Alors je
me sens mal dans ma peau quand j'entends des collègues ou amis se plaindre pour
des futilités. La détresse humaine me recadre et mon Dieu merci pour ce que
j'ai chaque jour.
Mon électrochoc avec la Turquie, je ne saurai l'exprimer car je le vis, c'est
en quelques sorte viscérale.
Il y a eu les gens , les sourires, l'air, le paysage, je me sentais à l'aise,
seul le barrage de la langue m'a gêné. Le fait d'être métisse et d'avoir vécu
à l'étranger ont sûrement contribué à me mettre très à l'aise comme si
"j'avais déjà vécu en d'autres temps en Turquie". Mon regret
c'est d'être restée si peu de temps. J'étais en groupe. C'est pour cela que je
re-dis mon "électrochoc" je le vis. Entre Madagascar et la Turquie
mon cœur n'aura de cesse de balancer.
Voilà ce que je peux dire sur moi et mon coup de foudre pour la Turquie.
Quant à la France j' y vis, j' y travaille, j'ai eu des joies et des peines, mais je suis une déracinée car ma tête, mon esprit, mon âme, mon corps "voyagent" vers d'autres horizons.
Denise lauseig
Le 10 octobre 2003