Conseil
de lecture: "La Nuit du Sérail"
Conseil de lecture:
Michel de Grèce, La Nuit du
Sérail
Riche en complots, guerres, empoisonnements, meurtres, intrigues amoureuses ce roman, même sil présente quelques longueurs, même sil ne restitue quapproximativement la prononciation des mots turcs, est une reconstitution intéressante de la vie au Sérail, plus particulièrement au Harem. On découvre comment les femmes qui se faisaient remarquer du sultan pouvaient mener une existence heureuse et contribuer même à la vie publique du pays tandis que les oubliées vivaient recluses, en véritables esclaves.
Le roman transporte également le lecteur dans lIstanbul de la fin du XVIIIème et du début du XIXème siècle : on découvre le Bosphore, le Grand Bazar, Üsküdar , on assiste à des incendies de la ville, on rencontre la population bigarrée de la capitale de lEmpire ottoman.
A lire si vous cherchez le dépaysement tout en découvrant lépoque des sultans.
Annexe :
1) Hiérarchie des femmes du Harem :
-gedikli : femme de chambre affectée au service personnel du sultan et dont on espère quil honorera la couche. 5ème rang parmi ses femmes.
-gözde : femme qui a réussi à attirer lattention du sultan. 4ème rang.
-ikbal : favorite du sultan dont il honore occasionnellement la couche. 3ème rang.
-haseki : favorite du sultan qui lui a donné un enfant, non encore inclus parmi les princes ou princesses impériaux. 2ème rang.
-Kadin : « épouse » non mariée mais officielle du sultan. 1er rang.
Rappelons que
le mot Harem vient du mot arabe « haram » qui signifie « ce qui est
défendu par la religion, sacré ».
2)
Extraits du roman :
1er extrait : A son arrivée au Harem, la narratrice est dabord menée au hammam. Voici son récit de cette expérience :
« Les baigneuses menseignèrent ensuite les divers rites du bain turc dans une confusion de rires, dappels et dexclamations. Je fus successivement soumise au bain de vapeur pour nettoyer la peau je crus étouffer puis aux jets deau froide qui fouettent le corps je me tordais sous cette douche glacée puis aux jets deau chaude, pour activer la circulation, et enfin au massage à lhuile parfumée je gémissais sous les coups de battoir des masseuses expérimentées, je croyais quelles allaient me rompre les os.
Je dus
pourtant reconnaître lefficacité du traitement. Je sortis du hammam revigorée de
corps comme desprit, en me faisant cette réflexion saugrenue : après un tel
récurage il était impossible quil subsistât sur ma peau un seul grain de
poussière française. »
2ème extrait : Au Harem, les femmes vivent dans lattente dêtre remarquées du sultan puis davoir lhonneur de partager sa couche. Quelques temps après son arrivée au palais, Nakshidil est appelée par le maître du Sérail :
" Un soir de novembre, l'ordre laconique fut apporté par le Kizlar Aga : il apparut, laissa tomber un mot, un seul, mon nom : Nakshidil. Ce fut une explosion de joie de la part de Vartoui qui convoqua aussitôt les instances féminines du Harem, la Maîtresse des Robes, la Gardienne des bijoux, la Gardienne des Bains et même la Grande Trésorière, sa rivale détestée. Heure après heure, elles se succédèrent autour de ma personne et dirigèrent les opérations qui leur incombaient. "