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L'IMMIGRATION TURQUE |
Immigration turque en Europe et en France
(...)
La France, en 1965, est lun des derniers
pays qui a signé un accord déchange de main-doeuvre avec la Turquie suivant
la demande du patronat souhaitant diversifier lorigine de ses travailleurs
étrangers. Pour donner une indication de lampleur qua pris limmigration
turque en deux décennies, nous pouvons nous appuyer sur deux chiffres : en 1962, tout au
début, ONI (actuellement OMI) avait enregistré 111 entrées en provenance de Turquie ;
en 1970, avec 8.751 personnes, on atteint le sommet en ce qui concerne les entrées des
Turcs en France.
Dans cette situation favorable de
demande et doffre, certaines grandes entreprises guidées par le souci de
diversification de leur main-doeuvre étrangère ont employé massivement des Turcs.
Cest ainsi quà la fin de 1970, on peut compter plus de 1.500 Turcs dans les
usines Chrysler-France à Poissy (Yvelines) et environ 700 dans les usines Citroën en
Ile-de-France et un peu moins à Metz. Cest ainsi que commence la chaîne
migratoire. On passe des contrats anonymes aux contrats nominatifs, cest-à-dire,
ceux qui ont fait leurs preuves en usine obtenait le droit de faire venir leurs proches.
Les Turcs sont employés dans des secteurs à forte présence de main-doeuvre ne
nécessitant pas de qualification où on utilise des technologies plus ou moins
obsolètes, tels le forestage, bois, fonderie et métallurgie, et surtout bâtiment,
travaux publics, confection.
Au niveau individuel, le choix de la France par les immigrés turcs
nest pas spécifique. Ils rêvent sans doute de lAllemagne du fait de
limage établie (seigneurs dAllemagne disait-on quand on parlait des immigrés
turcs travaillant en Allemagne) et aussi en raison dune meilleure rémunération
ainsi que la côte élevée du DM.
«En voyant les émigrés revenir en voiture, avec des appareils de
télévision, des machines à laver etc... leurs voisins des villes ou des campagnes qui
souffrent des difficultés de la vie sont fortement stimulés à partir à
létranger et surtout en Allemagne (...) Ainsi, la migration à létranger
devient une pratique, une sorte de coutume qui englobe non seulement les chômeurs et les
défavorisés, mais un grand nombre de jeunes ménages qui à travers lémigration
interne, au contact des migrants revenant de létranger, développent un goût pour
la vie moderne».
La France devenait un choix de second ordre. Selon Gökalp, le choix de
la France sexplique aussi par une optique de tremplin vers lAllemagne. Ce
rêve ne se réalise pas pour beaucoup, ils deviennent des immigrés de France.
«La France, cétait linconnu. On est venu ici comme on rentre dans
lobscurité. Ma soeur est en Allemagne, pour moi cest loffice
démigration qui a décidé, sinon je voulais être auprès de ma soeur.
(Travailleur à Terrason)»
Quand les portes de lEurope se ferment à limmigration
suite aux chocs pétroliers et la crise qui en découle, lémigration turque montre
des changements radicaux. La rotation sarrête. Jusquen 1974 presquun
million de citoyens turcs avaient pris le chemin de lEurope, il y avait un
va-et-vient permanent. Larrêt de limmigration provoque la sédentarisation de
la population originaire de Turquie dans les pays où elle se trouvait provoquant une
variation de la structure de la population. Le regroupement familial, les naissances
alimentent la croissance de cette population alors que dans lensemble, les autres
nationalités enregistrent une diminution relative.
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Source: http://www.ataturquie.asso.fr/informations_immigration.htm
Lire également:
Le devenir des femmes turques dans une histoire d'immigration
Femme, Turque, et professeur de français
Entre mères et filles turques: écart d'identité?
Divorcées turques: le déni de justice
Les Turcs d'Allemagne: De la soumission à la
conquête
LIENS
Immigration
turque en Europe et en France
Historique des migrations de travailleurs en Europe depuis la fin de
la Seconde Guerre mondiale
Le site du Conseil de l'Europe
Turcs, Kurdes et
Allemands. Histoire d'une migration : de la stratification sociale à la
différenciation culturelle
(1961-1990), par C. Leggewie
Publications
de Stéphane de Tapia
Le Site de la Maison des Sciences de l'Homme et de la
Société de Poitiers